En Suisse, et plus particulièrement en Suisse Romande, l’ostéopathie est pratiquée depuis plusieurs décennies.
Cette thérapie était surtout implantée en Suisse Romande mais, depuis quelques années, elle se développe fortement en Suisse Alémanique rencontrant un succès de plus en plus important auprès de la population.
Dans plusieurs cantons suisses, l’ostéopathie est déjà reconnue en tant que profession de la santé. Entre autres dans le canton de Vaud :
Loi sur la santé publique - Le Grand Conseil du canton de Vaud (19. 03. 2002)
Article 122e.- L’ostéopathe est habilité à prendre des mesures prophylactiques, et à traiter des troubles fonctionnels qui proviennent de modifications réversibles des structures de l’organisme, ceci selon les règles établies par l’ostéopathie.
L’ostéopathe est notamment autorisé à traiter des états tissulaires se traduisant par des restrictions de mobilité et par des dysfonctionnements de l’organisme à l’aide des techniques et des manipulations ostéopathiques.
L’ostéopathe doit attirer l’attention du patient sur l’opportunité d’en référer à un médecin lorsque son état exige un examen ou un traitement d’ordre médical; cette indication figure au dossier du patient.
L’ostéopathe n’est pas habilité à procéder à d’autres interventions, à prescrire, à remettre ou administrer des médicaments ni à pratiquer des actes de radiologie et de laboratoire.
Les articles 13 et 19 à 25d sont applicables par analogie.
L’ostéopathe pratique à titre dépendant ou indépendant.
Article 122f.- L’autorisation de pratiquer est accordée au requérant titulaire d’un certificat de capacité reconnu par le département.
Le requérant doit avoir achevé une formation garantissant l’acquisition des connaissances et aptitudes établies selon les règles de l’ostéopathie.
Il doit en outre avoir exercé sa profession pendant au moins une année à temps plein sous la surveillance d’un professionnel titulaire d’un certificat de capacité reconnu.
Les exigences de formation sont fixées en coordination avec d’autres cantons.
Article 122g.- L’ostéopathe peut s’adjoindre un stagiaire en formation au maximum.
Le stagiaire exerce à titre dépendant sous la responsabilité et le contrôle direct de l’ostéopathe.
Le stage est limité dans le temps aux besoins de la préparation à l’examen.
Actuellement la Conférence des Directeurs de la Santé (CDS) se charge d’organiser un examen intercantonal pour les ostéopathes. La réussite de l’examen permettra l’exercice de l’ostéopathie dans toute la Suisse.
Sur l’avenir de l’ostéopathie nous ne pouvons que nous joindre à l’idée de François Le Corre [1]:
« Il est évident que l’idéal pour l’ostéopathie serait de ressembler à ce qui existe aux Etats-Unis où les D.O. (Docteurs en Ostéopathie) américains ont obtenu les mêmes prérogatives d’exercice que les M.D. (médecins) […] Le bon sens voudrait qu’un alignement s’effectue sur le modèle américain, car l’exercice de l’ostéopathie ne saurait se limiter uniquement à des manœuvres ; il faut être d’abord capable d’établir un bon diagnostic préalable afin d’éliminer les pièges étiologiques et de déceler les défauts structurels avérés ou potentiels expliquant les troubles qui motivent la consultation. Espérons que l’avenir s’orientera dans cette voie car il serait dommage de gâcher le capital de crédibilité déjà acquis par cette discipline »
[1] François Le Corre; Médecin spécialiste en médecine physique; Attaché des hôpitaux de Paris; Membre de la Société française d'ostéopathie; Président du GEMMIF (Groupe d'Enseignement de Médecine Manuelle d'Île-de-France)